L’histoire du réseau

Les établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) en France accueillent depuis longtemps déjà des populations de réfugiés et de demandeurs d’asile, que ce soit en tant qu’étudiant, personnel scientifique ou administratif. Les crises migratoires des années 2010, particulièrement amplifiées par la guerre en Syrie en 2015, ont rendu cet accueil visible, nécessaire et urgent.

Dès l’automne 2015, quelques universités mettaient en place un dispositif de formation et d’accueil spécifiques, pour prendre en charge les nombreux étudiants exilés arrivant en France. À peine un an et demi plus tard, soutenus par le MESRI (Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation), une trentaine d’établissements se regroupaient en réseau afin de coordonner et structurer leurs actions. Baptisé MEnS (Migrants dans l’Enseignement Supérieur), ce réseau avait pour objectif de mettre en œuvre des actions pour favoriser l’insertion académique de personnes exilées.

C’est ainsi qu’un diplôme universitaire (« DU passerelle »), permettant aux étudiants réfugiés de reprendre leurs études en France tout en ayant accès aux bourses sur critères sociaux, est né. Le réseau s’est également rapproché du collège de France, dans le cadre du programme PAUSE qui œuvre pour ’accueil et l’emploi des chercheurs en exil.

En octobre 2020, fort de son expérience et avec l’ambiance d’élargir ses actions, le réseau MEnS s’est structuré en association.

Les engagements du réseau

Le réseau MEnS est constitué d’établissements de l’ESR français, de partenaires de la société civile et institutions publiques. Tous sont liés par une charte qui fédère leurs engagements et leurs missions. Les membres s’engagent à respecter le principe d’inconditionnalité de l’accueil des étudiants, qui pose pour seul critère le niveau académique, sans distinction de nationalité, de genre ou d’orientation politique. Ils ont tous mis en œuvre des programmes de reprise d’étude, de formation et d’insertion professionnelle pour les étudiants en exil, et des dispositifs d’accueil pour les chercheurs en exil. Leur politique se traduit par un engagement financier, souvent conséquent. Le réseau MEnS et ses partenaires se donnent pour mission d’aider les établissements dans la recherche de financements extérieurs et complémentaires.

Les objectifs statutaires du réseau MEnS

Les statuts de l’association Réseau MEnS en précisent l’objet (art. 2) :

« L’association fédère des établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et a pour objet d’accueillir et accompagner les étudiants, les enseignants et les chercheurs en exil dans les établissements d’enseignement supérieur français et plus spécialement de :

– Favoriser et accompagner leur information, leur orientation, leur inscription et la reprise d’études, l’apprentissage du français, la validation des niveaux et diplômes, et, d’une manière générale, faciliter leur accompagnement social et administratif ;

– Défendre leurs droits pour permettre des conditions de vie et d’études optimales.
Elle entend pour ce faire :

– Coordonner et représenter ses membres, rendre visibles leurs actions, porter leurs questionnements, propositions ou revendications auprès des partenaires et autorités compétentes ;

– Encourager la réflexion prospective et critique sur les questions migratoires ;

– Renforcer les liens entre les établissements membres par l’échange de bonnes pratiques et la mise en œuvre d’actions communes ;

– Promouvoir à l’international des actions permettant la formation, l’insertion et la mobilité des étudiants et chercheurs en exil. »